Antoine CAREL

« UN ENJEU DE DURABILITÉ »

Antoine Carel a créé son agence, Public Architectes, pour garder la maîtrise de ses projets et conserver une proximité avec ses clients. Il le démontre avec « Olive », un projet d’hôtel installé au cœur de la capitale et qui met l’accent sur l’écoconception.

Antoine CAREL - 1-photographe Camille Gharbi

Antoine CAREL
Architecte
Dirigeant de l’agence Public Architectes

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Propos recueillis par Olivier WACHÉ
Photographe : Camille GHARBI

O-W.Comment avez-vous débuté cette collaboration avec le Groupe Galia ?
A-C.Je travaillais au sein de l’agence Palast et nous avions déjà réalisé une opération avec le Groupe Galia. J’apprécie l’approche de ce promoteur, qui conserve une partie de ses bâtiments en propre, veille à ce qu’ils soient bien construits, qu’ils durent dans le temps. Nous partageons cet enjeu de durabilité. Il existe un vrai respect du travail de l’architecte, un dialogue sur le design, les modes constructifs, les matériaux… Lorsque j’ai quitté Palast, Brice Errera et son équipe m’ont fait confiance et m’ont accompagné dans les premiers pas de ma nouvelle structure, Public Architectes. Ils m’ont confié le projet Olive sur lequel j’avais travaillé, et qui est la réalisation phare de mon agence

O-W.Quel en est le contexte ?
A-C.
C’est une petite parcelle contrainte, située dans le quartier de la Chapelle dans le 18ème arrondissement de Paris, face au marché de lOlive qui est inscrit au titre des monuments historiques. Elle devait accueillir un hôtel et son restaurant. Galia est un acteur responsable et il souhaitait convier les architectes à participer à un concours. Cette façon de faire permet de mieux travailler avec la Ville de Paris, de poser des jalons et de gagner du temps.

O-W.Vous y avez donc participé et remporté. Qu’est-ce qui a fait la différence ?
A-C.
Malgré ses 160 m2, la parcelle offre une capacité de construction élevée, en R+6. Beaucoup de projets précédents proposaient des bâtiments qui occupaient toute la surface. J’ai souhaité être contextuel, ce qui a plu à Galia et à la Ville. J’ai choisi de conserver un petit volume existant à l’angle, en R+1, qui abrite le restaurant, et de me placer en retrait de cette construction pour réaliser une surélévation qui accueillera l’hôtel. Il me semblait important de conserver une trace du passé, de donner une respiration, quitte à perdre des mètres carrés. Cela n’a pas effrayé Galia qui m’a suivi sur ce projet.

O-W.S’inscrire dans le contexte est pour vous une condition sine qua non ?
A-C.
Il me semble toujours violent de construire dans un quartier d’une telle densité, où les habitants ont leurs habitudes. Le marché est le cœur de ce village de la Chapelle. Il fallait le respecter. Un décorateur avait imaginé un hôtel très luxe, mais cela me dérangeait. Nous avons préféré l’idée d’un bâtiment qui ne semble pas être un hôtel, avec des chambres différentes et pas standardisées, des balcons privatifs et arborés, une brasserie comme il en existait une, pour que la clientèle du quartier s’y retrouve.

O-W.Ce projet est aussi, ou surtout, respectueux de l’environnement…
A-C.J’ai choisi une structure de panneaux de bois lamellé croisé pour monter le bâtiment, hormis les deux niveaux de sous-sol et les deux premiers étages en béton. Je savais que la ville de Paris est demandeuse de ce type de constructions bas carbone, de matériaux biosourcés. De plus, la préfabrication de bois simplifie le chantier : cela réduit le temps de construction de quelques mois et crée moins de nuisances pour le voisinage. Le bâtiment sera économique à long terme, car il est très bien isolé… J’ai travaillé avec un bureau d’études spécialisé, Sylva Conseil.

O-W.Le bâtiment ne le revendique pas pour autant…
A-C.
Beaucoup de constructions bois veulent crier au monde qu’elles le sont, par exemple en ajoutant un bardage bois. Cela peut dévaloriser le bâtiment car il n’est pas toujours très bien entretenu : le vernis s’écaille, le bois grise, mais pas de manière uniforme… Le contexte de faubourg, avec l’acier, la brique, m’a incité à travailler sur une peau qui soit un bardage assumé et qui dialogue avec l’environnement. J’ai opté pour une terre cuite posée comme une tuile, qui présente la matérialité d’une brique massive et épaisse et qui fait écho aux matériaux environnants.

O-W.La construction durable, voire en bois : une tendance de fond, même dans les grandes cités ?
A-C.
On trouve en tout cas beaucoup de projets de constructions bois dans les ZAC, comme à Paris dans le secteur Bruneseau, non loin des tours Duo de Jean Nouvel… Les bailleurs sociaux y ont recours : ils sont prescripteurs, ils ont de beaux budgets pour construire. J’ai pour ma part un projet de logements en ZAC à Noisy-le-Sec, dont l’isolation sera réalisée en béton de chanvre. Ces techniques sont très intéressantes, elles permettent de créer une peau perspirante, le mur joue un rôle de régulateur…

O-W.Créer son agence est toujours un enjeu. Comment le vivez-vous ?
A-C.C’est en effet un pari de quitter une structure en expansion pour se mettre à son compte, mais c’est un choix d’échelle qui me correspond davantage. Je veux pouvoir m’occuper moi-même des projets, les maitriser, les « chouchouter » … C’est le cas avec ceux que le Groupe Galia m’a confiés : un immeuble de bureaux et un autre collectif à réhabiliter dans Paris. Ou celui de la rénovation partielle du Musée Picasso, un appel d’offres que nous avons remporté avec le bureau d’architecture Panorama. On m’a dit quand j’étais étudiant en architecture que j’étais un artisan. Cela m’a un peu agacé à l’époque, mais il y a finalement peut-être un fond de vrai…

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