UN LIEU OUVERT

Deux projets originaux, situés dans le 14e arrondissement de Paris et à Montrouge, ont réuni Christine Laconde, directrice du Samu Social de Paris et Brice et généré des rencontres surprenantes et vertueuses.
Comment l’idée vient-elle un jour de rapprocher deux mondes, l’hôtellerie haut-de-gamme et le logement d’urgence, pour réaliser ce qui pourrait devenir un nouveau modèle pour l’hébergement des personnes en situation d’exclusion ?

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Christine LACONDE
Directrice
SAMUSOCIAL DE PARIS

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A-B.Comment sont nés ces deux projets ?

C-L. Ils sont le fruit d’une rencontre entre Brice et moi. Brice avait conscience de la situation de mal hébergement des familles. Il avait l’envie, et même la détermination, de proposer autre chose. Notre première opportunité, qui consistait à réhabiliter un site dans Paris, est tombée à l’eau. Notre candidature, dans le cadre d’un appel à projets, n’a pas été retenue. Mais l’essentiel avait eu lieu, puisqu’on s’est fait la promesse, à ce moment-là, d’aboutir un jour ou l’autre, quoi qu’il arrive.

A-B. Quelles sont les spécificités de ces appartements?

C-L. Ce ne sont pas des appartements comme on pourrait en louer, bien sûr. Ils sont plus exigus. Mais la question était « comment rendre cette exiguïté très vivable ? Comment redonner une autonomie de vie à la famille ? ». L’idée aussi était d’ouvrir, de faire interagir des personnes d’univers différents avec les familles hébergées, que les salles collectives puissent être ouvertes sur la rue.

A-B. Et pour que cela fonctionne, les logements sont utiles et beaux…

C-L. Brice nous a désinhibés sur l’idée de faire du beau. C’est vrai, il y avait une sorte de crainte, chez nous, de faire « trop beau ». C’est une ambition qui a occasionné de belles rencontres. Notamment avec Valérie Garcia, l’architecte, qui est venue à notre secours par la suite sur un autre projet. Valérie a su aménager de vrais lieux de vie, créer des formes, penser autrement certains usages, penser l’ouverture. J’espère
que ces deux projets vont susciter des envies et créer de nouveaux modèles pour l’avenir.

A-B. Une nouvelle donne pour le logement social… C’est une ambition que la Samu Social avait depuis longtemps ?

C-L. Nous étions porteurs de l’idée que l’on devait produire de nouveaux hébergements, plus respectueux des personnes. Mais pour réaliser ce type de projets, on avait plutôt pour coutume de nous tourner vers des partenaires issus de la sphère sociale. Le plus improbable, dans cette aventure, c’est d’avoir trouvé la réponse chez un partenaire privé. On travaillait déjà avec le privé, mais plutôt dans le cadre de mécénats.

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A-B. L’univers du social, celui du «privé», c’est un grand écart, un pont entre deux mondes non ?

C-L.C’est un croisement de cultures. J’ai apporté ma connaissance du social, Brice sa maîtrise de codes de construction… plus proches de ceux de l’hôtellerie haut-de-gamme. C’est ce qui était intéressant, ce qui a conduit à écrire une nouvelle histoire. Pour Brice, une connaissance doublée d’un regard de père, qui l’a certainement poussé à agir pour ces enfants, pour qu’ils aient accès à l’aide dont ils ont besoin. Brice et moi, on a fini par partager une ambition sociale. Ce n’était pas chacun dans sa case ; c’était plutôt une fertilisation croisée.

A-B. Il y a d’autres intervenants ?

C-LOn a contacté l’école Montessori, par exemple. Énormément de personnes sont venues se joindre au projet pour le faire exister tel qu’il est. C’est un vrai projet commun.

A-B. Et vous, quel est votre parcours ?

C-L. Moi, je suis au Samu Social depuis décembre 2013. À l’origine, je suis ingénieur agronome ! Puis j’ai fait l’Ena. Mais j’ai toujours souhaité travailler dans le secteur social. J’ai travaillé pour un cabinet ministériel, j’ai aussi occupé des postes plus opérationnels. Mais pour synthétiser, je suis passé des ors de la République au 115 en assez peu de temps.

A-B. Vous avez d’autres idées en tête ?

C-L. Oui, un nouveau projet nous tient à cœur avec Brice, pour venir en aide aux mamans et à leurs bébés, à la sortie de la maternité. Et puis, avec d’autres acteurs privés aussi, dans l’immobilier d’entreprise notamment, nous avons des projets qui concernent les salles de restauration collective. Autant de mètres carrés très peu rentabilisés que nous souhaiterions mettre à profit utilement…

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